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Covid-19 : Un diagnostic précoce et une prise en charge rapide pour éviter les séquelles et la réinfection

Avoir été contaminé par le virus Covid-19 et en être guérie ne signifie pas forcément qu’on possède désormais une cuirasse et qu’on est protégé contre une réinfection par le même virus. Ce n’est pas chose courante, il est vrai, mais cela est possible. Il y a deux semaines, deux cas de réinfection nous ont été signalés (à l’occasion d’une interview accordée à notre journal Esseha), par le Pr Kamel Djenouhat, professeur en immunologie, chef de service du laboratoire central à l’EPH de Rouiba, au niveau du même hôpital.

L’intervenant a cité le cas de deux femmes (un membre du personnel de l’hôpital et sa maman) testées positives la dernière semaine d’octobre, après avoir été atteintes du Covid-19 en juin dernier. On n’est pas à l’abri d’une deuxième infection par le nouveau Coronavirus, comme le suggèrent aussi des scientifiques qui ont fait part d’un premier cas de réinfection en août dernier à Hong Kong, un homme qui a été contaminé la première fois en mars. Depuis, plusieurs cas ont été identifiés à travers le monde.

La réinfection est-elle le résultat d’une déficience du système de défense de l’organisme après la première contamination ? Est-elle rendue possible par la mutation du virus ? Parce que si le premier cas de réinfection a été détecté par hasard au cours d’un test dans un aéroport, l’homme n’ayant pas présenté de symptômes, un autre homme aux Etats-Unis a été réinfecté de façon plus virulente. En tout cas, le Covid-19 bouleverse tout l’organisme pendant une certaine période et cela pourrait faciliter une réinfection.

Une étude publiée en décembre dernier affirme que « les virus respiratoires comme les coronavirus ont la capacité d’envahir le système nerveux central » mais qu’il est trop tôt pour dire que cela pourrait conduire à une hausse des maladies neurodégénératives à long terme, même si une autre recherche a montré que « les souris infectées par un coronavirus étaient touchées par une maladie équivalente à la sclérose en plaques chez l’humain ».

Il est également constaté que les patients atteints de COVID-19 qui se retrouvent à l’unité des soins intensifs développent des pneumonies sévères alors que leur organisme réagit à cette attaque par le virus par une inflammation exacerbée, comme le souligne le pneumologue Mathieu Simon, de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec. Cette réaction inflammatoire peut influer sur d’autres organes.

« Les patients vont développer de l’insuffisance rénale, du délirium et des neuromyopathies, c’est-à-dire que les muscles et les nerfs s’atrophient lorsque vous êtes couchés trop longtemps. C’est pour cette raison que les personnes auront besoin de beaucoup de temps de réadaptation une fois guéries», indique-t-il.

Dans l’absolu, être diagnostiqué de manière précoce permet une prise en charge et une thérapie à temps, ce qui permettrait de freiner l’emballement du système immunitaire (provoquée par le virus) et cette réponse inflammatoire exacerbée qui peut mener au syndrome de détresse respiratoire aigüe et peut aller jusqu’à provoquer la mort.

L’alimentation étant la première médecine comme le répètent les scientifiques, on doit de ce fait privilégier des aliments qui renforcent les défenses immunitaires de l’organisme. Une alimentation riche en anti oxydants, particulièrement basée sur les fruits et légumes, riche en oméga3 et en bonnes graisses, à faible teneur glycémique et privilégier la cuisson à vapeur.

L’autre protection, sur laquelle les médecins insistent, c’est bien sûr l’application des mesures de prévention et des gestes barrières que tout le monde connaît maintenant : le port du masque, la distanciation physique et le lavage fréquent des mains ainsi que l’utilisation du gel hydro alcoolique hors de chez soi. Ce sont également des moyens de ne pas courir le risque d’une réinfection.

Rachida Merkouche