Covid-19 : La situation est-elle devenue incontrôlable à Oran?

Depuis son passage, ce matin sur les ondes de la radio locale, el Bahia, le Dr M. Boukhari chef de service de la prévention à la direction de la santé et de la population (DSP) d’Oran, c’est un choc parmi les auditeurs et sur les réseaux sociaux. En effet ce responsable à l’expérience avérée, avec des propos emprunt de franchise et sur un ton très inquiétant, a évoqué la situation de l’épidémie de Covid-19 dans la wilaya d’Oran. Des déclarations qui laissent entendre que l’on se dirige vers une situation hors contrôle de manière généralisée.

Et pour cause ce professionnel et responsable a dit voir se dessiner un scénario catastrophique :« ma crainte est de voir que nous risquons de nous retrouver dans une situation comme celle de l’Espagne, et de l’Italie ». Disant du comportement irresponsable de la population que « c’est un suicide collectif ».

Le Dr M. Boukhari a dit être choqué de voir que dans les bus les principales lignes d’Oran, 90% des fois aucunes des mesures de précautions et de prévention ne sont respectées, tout comme le port du masque dans les lieux publics, dans les rues. Il dira ne pas comprendre ces comportements dangereux et le non-respect des mesures « des cafés ont ouvert, des mariages ont été célébrés, des gens restent à se regrouper le soir sans aucunes distanciations sans gestes barrières ».

Le responsable de la DSP, dira que cette situation d’accélération des cas de Covid-19, est à imputer aux citoyens, avec des pics au lendemain de la fête de l’Aïd, des pics au lendemain des deux jours de dé-confinement durant le ramadan « la décision de réouverture c’était pour des raisons économiques mais avec le respect des mesures de précautions ». Et d’ajouter encore « il faut maintenant que le port du masque soit systématique, les citoyens doivent avoir conscience de la gravité, l’Etat ne peut pas fournir des masques à 40 millions de citoyens ? Je ne comprends pas les gens qui peuvent s’acheter des cigarettes et dire qu’ils peuvent pas dépenser 100 DA pour une bavette », expliquant que le personnel soignant est épuisé, avec quotidiennement jusqu’à 40 personnes faisant la queue pour se faire soigner pour les tests.

Driss Mokkadem

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