Covid-19 : Dr Bedreddine Delimi plaide pour l’accès à la PCR pour les praticiens privés

Après cinq mois de pandémie de Covid-19, de nombreux cabinets de médecins du secteur libéral ont été forcé de fermer leurs portes aux patients par manque de moyens de protection lors des consultations. À la tête de ces praticiens libéraux on relève différentes disciplines médicales allant de la pédiatrie à la gynécologie en passant par l’ophtalmologie, la cardiologie, la diabétologie ou encore la médecine dentaire. A ce sujet Esseha a interviewé Dr Bedreddine Delimi, allergologue tabacologue, praticien libéral à la nouvelle ville Ali Mendjeli de Constantine.
Esseha : Qu’en est –il de la situation actuelle de l’épidémie de Covid-19 en Algérie ?
Dr Bedreddine Delimi : la situation est de plus en plus compliquée. Je dirai même qu’elle est très difficile à gérer à ce stade. Le nombre de cas infectés par coronavirus à quintupler en un mois, il dépasse de très loin la capacité de nos établissements sanitaires soit en moyens humains ou en matière d’équipements. Une situation sanitaire alarmante et qui traine depuis des semaines.
Esseha : comment les praticiens libéraux font-ils face à cette situation, notamment dans la prise en charge de leurs patients en ces circonstances de propagation du virus qui dure depuis plus de 5mois ?
Dr Bedreddine Delimi : la législation ne contraint pas les médecins libéraux de travailler tout le temps, y compris dans les conditions sanitaires exceptionnelles comme c’est le cas actuellement. Mais face à la rareté des équipements de protection pour le praticien, sa famille et le patient beaucoup de médecins privés ont fermé leurs cabinets temporairement. Avec le manque de moyens de protection ils peuvent devenir à leur tour une source de propagation du virus. Il faut préciser que les praticiens libéraux n’ont pas axé au test PCR qui est le test de référence pour le dépistage d’une infection au Covid-19, ce qui rend le diagnostic pour les cas qui présentent des symptômes évocateurs difficiles voire même impossible. Le test en question n’est autorisé qu’une fois le malade est hospitalisé. L’Etat doit autoriser aux praticiens privés l’axer à la PCR pour qu’ils peuvent le prescrire sous ordonnance.
Esseha : Quelle solution préconisez-vous à vos patients pour ne pas rompre leur traitement et entretenir une relation thérapeutique?
Dr Bedreddine Delimi : il faut reconnaitre que la fermeture des cabinets médicaux privés imposée par le sous-équipement et la difficulté de garantir une protection pour quelques spécialités à une incidence sur les patients, notamment ceux souffrants de maladies chroniques à l’exemple du diabète, l’hypertension artérielle et les pathologies du cœur. Pour cela beaucoup de praticiens font les consultations à domicile pour diminuer le risque de contamination dans leurs cabinets médicaux.
De Constantine, Souheila BETINA

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