Coronavirus : Les Algériens et le port du masque de protection

Depuis l’apparition du Covid-19, on ne cesse de répéter que chacun de nous doit se conformer aux gestes barrières pour limiter la propagation du virus et parmi ces gestes, le port du masque pour les personnes se trouvant en dehors de leur maison.

Malheureusement, beaucoup de nos concitoyens semblent rester sourds aux recommandations des autorités sanitaires du pays. Pourtant, ce n’est pas faute de le répéter à longueur de journée à travers des émissions télévisées, des articles de presse ou sur les réseaux sociaux. Mais outre le scepticisme de certains qui croient encore dur comme fer que ce virus n’existe pas et que c’est une pure invention, il y a aussi l’inconscience des autres qui prennent les choses avec un certain fatalisme. Le problème, c’est que dans les deux cas, ce comportement reste suicidaire, car en plus de se mettre en danger, ils mettent aussi en danger les autres, ce qui est, en soi, criminel.

Dans les rues de la capitale ou dans les localités limitrophes, le port du masque n’est malheureusement pas généralisé. Beaucoup continuent, en effet, à sortir à visage découvert malgré le risque d’une contamination latente. Les jeunes sont les plus « téméraires » comptant, sans doute, sur leur jeunesse et leur forme physique pour échapper à la maladie. Pourtant les statistiques sont là, plus de 38% des cas confirmés sont dans la tranche d’âge entre 25 et 49 ans.

En revanche, les femmes semblent plus disciplinées. Beaucoup portent le masque, certaines fautes de bavettes, rabattent sur leur bouche et leur nez les pans de leur foulard. Certes cela ne protège pas vraiment mais ce geste montre qu’il y a une certaine prise de conscience. Un comportement qui a une incidence sur les chiffres qui montrent qu’il y a 43 % de contamination chez les femmes contre plus de 56 % chez les hommes.

Rencontrée à Birkhadem, Malika, 46 ans, mère de famille porte un masque en tissu, selon elle, ceux qui continuent de sortir sans devraient être sanctionnés : « Je pense qu’il faut qu’il y ait des directives strictes dans ce sens et que toute personne qui sortirait sans un masque de protection, doit être verbalisée. Et ceux qui viennent vous dire que les bavettes sont indisponibles ou trop chères, je n’ai personnellement pas les moyens d’acheter régulièrement des bavettes, alors je me suis confectionnée un masque en tissu que je lave après chaque utilisation. Je ne sais pas coudre mais j’ai vu sur internet des tutos et j’en ai fait plusieurs pour moi et ma petite famille. Je ne sors jamais sans. Je ne sais pas s’il me protège vraiment mais cela me rassure de le porter. Après, quand je sors, j’évite la foule, j’applique les consignes comme la distanciation sociale, ceci en plus de mon gel hydroalcoolique qui est toujours dans ma poche ou dans mon sac ».

De son côté, Nassima 52 ans, affirme que depuis l’apparition du premier cas à Blida, elle sort avec un masque. « Je suis tout ce qu’on dit sur ce virus depuis son apparition à Wuhan. Et lorsqu’on a dit qu’il y a des cas asymptomatiques, j’ai décidé de porter un masque et j’ai obligé mon mari et mes enfants à en porter aussi. Au début, on achetait des bavettes en pharmacie mais, à la longue, ça nous revenait cher, de plus, elles étaient à un moment donné indisponibles. On en a donc confectionné quelques-unes en tissu et c’est ce qu’on utilise aujourd’hui. C’est pratique vu que c’est lavable et donc réutilisable. Mais cela ne nous empêche pas non plus de nous conformer aux autres mesures barrières. Bien au contraire, il faut que chacun à son niveau fasse preuve de maturité, de bon sens et même de sens du sacrifice, c’est le prix à payer pour s’en sortir avec le minimum de dégâts possibles. Ce n’est pas gagné quand on voit certains comportements mais j’espère qu’on y arrivera ».

Djamel, 63 ans, porte une bavette chirurgicale, lorsque nous l’abordons, il répond gentiment à nos questions mais se tient à bonne distance : « Porter le masque, ça doit être un réflexe, personnellement, c’est comme une seconde peau. Je ne badine pas avec ce Coronavirus. J’ai un ami qui été contaminé. Dieu merci, il s’en est sorti mais quand il m’a raconté tout ce qu’il a enduré à cause du Covid-19, je n’ai franchement pas envie de tomber malade. Je traîne déjà une panoplie de maladies chroniques : diabète, hypertension, cholestérol… Si je l’attrapais, ce virus me terrasserait, c’est sûr, alors je prends toutes mes précautions, à commencer par l’application des mesures de confinement. Là, je suis sorti pour acheter mon traitement chez le pharmacien et je retourne à la maison, je ne sors qu’en cas d’extrême nécessité et je conseille à mes concitoyens d’en faire de même. Il faut se dire que c’est une mauvaise phase qui va passer mais pour qu’elle passe vite et sans trop de victimes, il faut que chacun y mette du sien. Je tiens par la même occasion à rendre hommage à tous ceux qui sont mobilisés contre ce virus, Dieu les préserve et leur donne la force de continuer à accomplir leur noble mission ».

Kamir B.

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