« Ce n’est pas évident d’atteindre dans l’immédiat l’Institut Pasteur »

Fayçal rentre à la maison un mollet en sang. Il a été mordu par un chien errant pendant qu’il revenait d’une course. Alors qu’il narguait l’animal qui le fixait, l’enfant âgé de 6 ans ne savait pas qu’il était en train de le provoquer. « C’est ce que mon fils m’a raconté quand je l’ai vu tenir son mollet et pleurer » raconte la mère avant d’indiquer que dans cet endroit de l’une des banlieues d’Alger, rencontrer un chien est courant. « La morsure était visible sous le pantalon. La seule chose qui m’est venue à l’esprit, c’est le risque de contracter la rage étant donné qu’il s’agit d’un chien errant. J’ai donc emmené mon fils à l’Institut Pasteur, je n’avais pas le temps d’avertir son père, et vous pouvez imaginer dans quelles conditions j’ai dû l’y acheminer vu l’éloignement de cette structure de notre lieu d’habitation et de l’éloignement de la première station de transport. Je courais, mon enfant dans mes bras ». Notre interlocutrice se souvient que le chemin lui paraissait interminable alors qu’elle se dirigeait vers la grande route pour arrêter un taxi. Dans ces moments, la solidarité est agissante, et c’est ainsi qu’elle a vu son calvaire et celui de son fils partagé par un conducteur qui a proposé son aide. « Il devait pourtant déposer sa vieille maman à la maison après une visite médicale. Il nous a conduits à l’Institut Pasteur en usant des feux de détresse afin que le passage nous soit relativement facilité. Après le premier vaccin antirabique, mon fils devait évidemment en recevoir d’autres et mon mari s’absentait momentanément de son travail et louait un taxi à chaque fois ».

Nadia Rechoud

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