Cancer du sein guéri : témoignage de Mme T. Fatima 74 ans L’impensable victoire

Fatima, retraitée de l’enseignement avait 70 ans quand le verdict tomba contre toute attente : cancer ! La boule qu’elle sentait dans sa poitrine bien qu’elle soit totalement indolore et ne la gênait pas, s’est avérée une tumeur que seule la biopsie déterminera. « C’était au mois du Ramdhan en 2016 que j’ai appris cette terrible nouvelle. Il n’y a avait pas du temps pour trop réfléchir, il fallait agir, a vrai dire je m’en doutais un peu car le cancer du sein dans ma famille est fréquent, ma jeune sœur était déjà malade, alors je connais la procédure à suivre ».
« Après examen, le résultat de la biopsie étant positif, j’étais orientée vers un chirurgien réputé dans ce domaine » raconta-elle avant de poursuivre « j’ai eu de la chance, le Pr Bittam venait d’ouvrir sa clinique à la nouvelle ville Ali Mendjeli et je comptais parmi ses premières patientes ». Le schéma thérapeutique de Mme Fatima était de commencer par la chirurgie avant d’entamer la chimiothérapie. Et si pour la chirurgie, tout allait pour le mieux, prise en charge et suivi impeccables au niveau de la clinique du Pr Bittam, la deuxième étape celle de la chimiothérapie n’étaitpas aisée. « C’est l’étape la plus dure sur tous les plans, heureusement que mon gendre travaillait au CHU de Constantine, sans lui, je ne saurai comment avoir des rendez-vous car je voyais la détresse des autres malades dans un service déjà saturé et un personnel dépassé , celui du CAC de Constantine ». Le long tunnel des soins a commencé et il fallait un mental d’acier pour avancer. Pour cela Fatima comptait sur sa famille, ses filles qui l’ont entouré dans son incroyable course. Au fil de séances de chimiothérapie et radiothérapie, Fatima a perdu 10 kilos depuis son opération. « Le soutien de mes filles et de mes gendres a été salvateur pour moi, jusqu’à présent je continue de prendre mon traitement hormonale et j’effectue régulièrement mes examens, mais je pense souvent à d’autres femmes qui n’ont pas eu la chance que j’ai eu car il y en a beaucoup que j’ai rencontré durant mon périple ». Pour Fatima, le plus dur après la maladie , c’est le regard des gens « c’est pour cela que je n’ai dit à personne que j’étais malade, il n y a que ma petite famille qui est au courant, ni frères et encore moins les voisins » expliqua-t-elle « je suis hadja et hamdoullah j’ai accepté ma maladie et aujourd’hui je suis guérie mais si les voisins et d’autres membres de la famille l’auraient su, ils m’auraient condamné déjà sinon, à chaque fois que je les rencontre, il n’hésiteront pas à me le faire rappeler ». Elle poursuivra « ce qui fait mal le plus c’est le regard des autres sans oublier les conditions dés fois inhumaines de la prise en charge au niveau du CAC, j’en garde un mauvais souvenir de quelques infirmières qui refusaient de nous aider alors qu’on était sous perfusion, mais Allah yssamahoum, les malades s’entraident entre elles ». « S’il y a un message que je souhaite à tout prix transmettre aux femmes c’est « faites- vous dépister ! ». Il est possible de guérir du cancer du sein si la maladie a été détectée assez tôt, grâce à une mammographie. N’ayez pas peur de trouver quelque chose, parce que si vous êtes atteinte, il existe des traitements pour guérir, même si le chemin est long et difficile» conclura –elle.
De Constantine, Souheila Betina

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