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Cancer du sein : ces deux médicaments sont prometteurs !

La célèbre European Breast Cancer Conference qui se tient habituellement le mois de mars depuis une douzaine d’années , a été organisé le 02 et 03 octobre à distance ( coronavirus oblige). Cette 12e édition devait avoir lieu à Barcelone, en Espagne mais l’interdiction faite par le gouvernement eberique, en ces temps de pandémie , aux agents espagnols de participer aux rencontres nationales et internationales, a poussé les organisateurs à la différer au début  octobre.

Durant ces travaux, les résultats finaux d’une étude clinique ont été présentés. Ces derniers indiquent que l’Herceptin combiné au lapatinib améliore la survie des femmes atteintes d’un cancer du sein HER2+ lorsque le cocktail est pris avant une opération chirurgicale.

Plusieurs recherches portant sur le cancer du sein sont présentées à la communauté scientifique. L’une d’entre elles partage les résultats prometteurs d’un essai clinique concernant deux médicaments et commencé en novembre 2007.

Selon les résultats, prendre ces deux médicaments avant une chirurgie augmente la survie des femmes atteintes d’un cancer du sein HER2+. La présentation des résultats a eu lieu hier samedi, le 3 octobre 2020, à 14 heures.

Les cancers du sein sont multiples. Parmi eux, il y a le cancer nommé HER2+. Les cellules cancéreuses dans le sein sont porteuses d’un récepteur transmembranaire appelé HER2+. La partie extracellulaire de ce récepteur reconnaît le facteur de croissance épidermique (EGF, une hormone protéique) qui induit la prolifération des cellules.

Les cellules saines contiennent deux copies du gène de HER2 mais, dans le cas d’un cancer, plus de deux copies peuvent être présentes. Les cellules prolifèrent alors de façon anormale. Environ 20 % des cancers du sein sont HER2+

Le trastuzumab (commercialisé sous le nom d’Herceptin par Roche ) a permis d’améliorer le pronostic des cancers du sein HER2+ depuis son utilisation à la fin des années 1990. Aujourd’hui, des chercheurs présentent à l’European Breast Cancer Conference, un cocktail de médicament (dont l’Herceptin) qui améliore encore un peu plus le pronostic vital des femmes atteintes d’un cancer du sein HER2+.

Les deux médicaments testés sont l’Herceptin (par injection), un anticorps monoclonal humanisé qui se fixe sur le récepteur HER2 et empêche donc toute autre molécule de s’y fixer et de l’activer après, et le lapatinib (voie orale), un inhibiteur de la tyrosine kinase, l’enzyme qui est activée par la fixation du facteur de croissance épidermique sur HER2 et induit une cascade de signalisations qui pousse la cellule à se diviser sans contrôle. Ces deux médicaments ont été testés en thérapie néoadjuvante, c’est-à-dire que leur rôle est de limiter la croissance de la masse cancéreuse avant une opération chirurgicale.

L’essai clinique NeoALTTO BIG-06, financé par Roche, a concerné 455 femmes atteintes d’un cancer du sein HER2+. Elles ont reçu soit le duo Herceptin-lapatinib, soit uniquement un des deux médicaments avant une chirurgie. Après l’opération, elles ont suivi une thérapie adjuvante de 34 semaines. Au total, les participantes ont été suivies pendant 9 ans et quelques mois.

Les résultats finaux de cet essai clinique indiquent qu’il n’y a pas de différence significative entre les trois groupes (Herceptin-lapatinib, Herceptin seul, lapatinib seul) en ce qui concerne la résurgence de leur cancer et la survie globale entre les différents groupes.

Mais le traitement combiné Herceptin-lapatinib a tout de même eu un effet positif sur un facteur que les médecins appellent la réponse pathologique complète (pCR). Ce terme signifie qu’aucune tumeur n’est détectable au moment de la chirurgie dans le sein concerné, ou dans le sein et dans les ganglions lymphatiques locaux.

Les résultats de l’étude clinique indiquent que les femmes qui ont été traitées par le duo Herceptin-lapatinib ont été plus nombreuses à atteindre la réponse pathologique complète (51 % des femmes testées) que celles qui n’ont pris qu’un seul médicament (27 %).

Les chercheurs ont ensuite comparé la survie des femmes ayant atteint la pCR et celles ne l’ayant pas atteint. Leurs résultats montrent que 88 % des femmes ayant atteint la pCR sont encore en vie après 9 ans, contre 72 % des femmes n’ayant pas atteint la pCR. Mais cela n’a pas d’effet dans la comparaison globale de la survie entre les trois groupes, comme indiqué auparavant.

Notant l’European Breast Cancer Conference est  la seule conférence véritablement multidisciplinaire en Europe qui implique tous les principaux acteurs du cancer du sein, facilitant les interactions et la communication essentielles entre les scientifiques, les cliniciens et les représentants des patients. Près de 2500 travailleurs de la santé participent à ses travaux.

Nora S

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