Campagnes de circoncision Un acte chirurgical à pratiquer en milieu hospitalier

Comme chaque année, à l’approche du 27ème jour du mois de ramadhan, une campagne de circoncision collective est lancée à travers le pays.

Cet acte religieux, synonyme de fête et de fierté chez les familles musulmanes en général et algériennes en particulier, ne doit pas faire oublier qu’il s’agit, avant tout, d’un acte chirurgical qui doit être pratiqué par un médecin qualifié dans des conditions idéales.

Cette année encore, le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière a réitéré l’« interdiction » de pratiquer cet acte en dehors des structures hospitalières pour les dangers qui peuvent en découler. « De nombreuses familles algériennes préfèrent circoncire leurs enfants pendant le mois sacré du Ramadhan, à partir de la nuit du 15 à celle du 27, où de nombreuses opérations de ce type sont fréquentes au niveau des hôpitaux et des cliniques privées, individuellement ou dans le cadre d’une campagne collective », souligne le communiqué du ministère, ajoutant qu’il est « strictement interdit » de pratiquer cette opération « en dehors des services chirurgicaux des établissements hospitaliers publics et des cliniques privées, et ce, sur l’ensemble le territoire national ».

Le communiqué rappelle que « la réglementation en vigueur exige que cette opération se fasse en milieu hospitalier par un spécialiste en chirurgie et où sont réunies diverses conditions médicales », notant par ailleurs qu’un « bilan sanguin doit être effectué avant la circoncision pour assurer au chirurgien l’absence de toutes contre-indications médicales préalables ».

En effet, comme pour tout acte chirurgical, pour la circoncision aussi, il n’y a pas de risque zéro. Donc, pour éviter d’éventuelles complications (hémorragies, infections, problèmes anesthésiques…etc), l’enfant doit être pris en charge dans une structure hospitalière publique ou privée où il sera opéré dans les meilleures conditions avec bloc opératoire et matériel aseptisé, présence d’un chirurgien, anesthésiste, ….

Un bilan pré- opératoire doit impérativement être fait et ce, afin d’anticiper d’éventuelles contre-indications comme l’hémophilie (anomalie constitutionnelle de la coagulation sanguine en rapport avec un déficit d’un des facteurs de la coagulation).

Par le passé, des actes ratés ont occasionné des dégâts irréversibles (on se souvient de ces enfants circoncis en 2005 à El Khroub dont neuf ont eu des complications allant jusqu’à la perte de la verge).  Depuis, la tutelle ne cesse de marteler l’interdiction d’une pratique irresponsable, appelant parents et professionnels de la santé à des efforts communs.

Kamir B.

 

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