Anorexie mentale : Conséquences néfastes sur les organes vitaux

L’anorexie mentale est une maladie complexe dont plusieurs facteurs sont impliqués (facteurs génétiques, familiaux et socioculturels. Le diagnostic de l’anorexie mentale repose sur la triade caractéristique qui comprend trois critères : anorexie, amaigrissement et aménorrhée (absence de règles chez une femme ménopausée). Au-delà de ces critères diagnostiques, l’anorexie mentale a des conséquences néfastes sur de nombreux organes vitaux avec des variations électrolytiques et hormonales.

Complications cardiovasculaires
Fréquence cardiaque basse, hypotension artérielle et, plus rarement, un allongement de l’espace QT au niveau de l’ECG qui serait responsable de mort subite, risque faible qui est retrouvé en cas de troubles électrolytiques à cause de la prise de laxatifs.

Complications rénales
Diminution de la filtration glomérulaire avec impact sur les molécules à élimination rénale, oedème avec rétention d’eau.

Complications hépatiques et gastro-intestinales
Hépatite de dénutrition avec insuffisance hépatique mais qui régresse en phase de renutrition, ralentissement de la vidange gastrique à cause du trouble nerveux et hormonal, atonie intestinale à cause de la prise de laxatifs, altérations gastriques, œsophage, variation du PH gastrique.

Complications bucco-dentaires
Erosion dentaire, caries, gingivites et stomatites.

Complications dermatologiques
Joues creusées, teint cadavérique, phanères fragilisés, lanugo, hypertrichose, œdème de carence au niveau des chevilles.

Complications électrolytiques
Hypokaliémie (manque de potassium) avec bradycardie due à un manque d’apport alimentaire et abus de laxatifs, hyponatrémie (manque de sodium) due à la prise de diurétiques et l’absorption de grandes quantités d’eau qui donne des oedèmes périphériques et cérébraux avec céphalées, vomissements, crises d’épilepsie, hypoglycémie avec crampes, myopathies, crises d’épilepsie, hypomagnésémie, à l’origine de crampes, arrêt de la croissance avec risque de déficit de la taille finale et ostopénie.

Perturbations métaboliques
Dus à la dénutrition extrême avec hypothermie et hypoglycémie pouvant aller dans de rares cas jusqu’au coma.

Complications endocriniennes
Hypothyroïdie, son but est de diminuer les dépenses énergétiques afin de limiter la perte de poids. Elle est à l’origine de la frilosité des troubles cutanéo-muqueux et de la constipation. Augmentation du cortisol dû au stress et à l’hyperactivité physique, perturbation des hormones sexuelles, avec effondrement de l’ostradiol, progestérone et testostérone, responsables de l’aménorrhée.

Complications hématologiques
Anémie avec, parfois, diminution des globules blancs (leucopénie), parfois transformation oléagineuse de la moelle osseuse.

Les hormones et les neuromédiateurs impliqués dans l’anorexie mentale sont :
-La leptine
Chez l’anorexique, il y a un effondrement du taux de la leptine. Chez un sujet sain, une diminution stimule la prise alimentaire. Chez l’anorexique, ce mécanisme est inefficace.
-La ghreline
Peptide secrété au niveau de l’estomac et du jejunum et au niveau de l’hypophyse, a pour but d’augmenter la sensation de faim. On note une augmentation de ce peptide chez l’anorexique.

Contribution du
Dr Nadia C.D.

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