Alzheimer : « Il faut surmonter son chagrin et faire la conversation à son parent »

Dans une famille dont un parent (le père ou la mère) est atteint de la maladie d’Alzheimer, on n’arrive pas à faire le deuil de ce qu’il était, ni à dissocier ce qu’il était de ce qu’il est devenu.
Certains ne peuvent même pas tenir une conversation avec lui (ou elle) tant ils ne supportent pas de voir la déchéance de cet être cher. Que de fois nous avons entendu cette phrase : « Je n’admets pas que mon père (ou ma mère) ne me reconnaisse pas ».
Khalissa puise chaque jour le courage de discuter avec son beau-père, ce qui n’est pas le cas de son époux. « Il nous regarde pendant que moi, je fais la conversation à mon beau-père, âgé de 83 ans et atteint d’Alzheimer. Il y en a qui ne peuvent pas et ne savent pas quoi dire à leur parent.
En ce qui me concerne, je lui parle de la pluie et du beau temps, des petites choses de la vie de tous les jours. Il y a quelques jours, il m’a dit qu’il revient du service militaire et à un autre moment, il m’a dit qu’il a fait le grand pèlerinage (le hadj) alors que c’est une Omra qu’il a fait il y a deux ans ».
Notre interlocutrice évoque ainsi la dégénérescence du cerveau de son beau-père et la difficulté des proches, de manière générale, d’admettre cette situation et de faire la conversation à leur parent comme si de rien n’était. « Tout en parlant au père de mon époux, je le corrige, j’aime incruster la réalité dans sa mémoire. Parfois, il fait un flash-back dans ses souvenirs pour les ramener à l’époque actuelle comme ces jours-ci lorsqu’il m’a dit qu’il est parti dans un marché de bétail à El Harrach et que les moutons se vendent entre 1000 et 1500 DA.
A travers ces anecdotes, je veux dire aux personnes touchées par ce drame qu’il est important pour le père ou la mère de s’exprimer et qu’elles doivent essayer de surmonter leur malaise et leur chagrin pour lui donner de leur temps ».

Propos recueillis par Rachida Merkouche

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