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Pr Mohamed Nedjari au journal “Esseha” : « La 3e ou la 4e vague sera psychiatrique selon les spécialistes »

« La psychiatrie a été impliquée dans la gestion de l’épidémie dès le premier jour de cette pandémie », c’est ce qu’a indiqué le Pr Mohamed Nedjari, chef de service psychiatrie « A », à l’hôpital Drid-Hocine à Esseha.com, précisant qu’il fallait d’une part « continuer à prendre en charge les malades souffrant de maladies psychiatriques » et, d’autre part, veiller à ce qu’ils ne soient pas contaminés par la Covid-19.

A l’instar des autres services de médecine, submergés par les cas de contaminations au coronavirus nouveau, le Pr Nedjari attestera qu’au niveau de la psychiatrie ce ne fut pas de tout repos là aussi puisque de nombreuses personnes ayant contracté le virus ont présenté des « signes psychiatriques comme les confusions mentales, d’autres ont présenté des crises d’angoisse et parfois des agitations surtout à cause de la détresse respiratoire et il y a parfois même des cas où les personnes atteintes de Covid ont fait des délires ».

Le professeur Nedjari ajoutera : « Chez certaines personnes, on a décelé des semaines voire des mois après la guérison une sorte d’état dépressif se manifestant par une fatigue importante, un dégoût de tout, une tristesse et apathie, alors qu’avant d’être contaminées, ces personnes étaient tout à fait normales ».

Selon lui, d’autres troubles psychiatriques (états anxieux avec phobies, syndromes de stress post-traumatique) ont été décelés chez les personnes atteintes par le virus ou leurs proches, surtout, lorsqu’il y a eu décès suite à la Covid-19.

« Les personnes ayant perdu un parent de la Covid-19 n’ont pas pu vivre leur deuil normalement, entourés de leurs proches en raison du protocole imposé pour l’enterrement. Ces situations entraînent des insomnies, des pleurs, parfois des états dépressifs et la personne a du mal à surmonter cette étape car elle est isolée de la famille ».

Pour le Pr Nedjari, « il n’est pas écarté que d’autres signes apparaissent car les spécialistes disent que la 3e ou la 4e vague sera psychiatrique, dans le sens où les complications vont être des complications de ce genre-là ».

Afin de continuer à apporter une aide et une écoute effectives, aux malades souffrant de troubles mentaux, à leurs proches mais aussi aux citoyens d’une façon générale, notamment autour de questions liées à la Covid-19 et aux conséquences de ce virus sur le psychisme, une cellule d’écoute a été mise en place il y a quelques mois au niveau de l’hôpital Drid-Hocine. « Tous peuvent nous appeler », fera-t-il savoir.

Hassina Amrouni