Journée mondiale du don d’organes et de la greffe : Pour sauver nos vies, révolutionnons notre esprit !

 

Les textes juridiques et réglementaires existent, de même que des fetwa qui sont censées rassure les citoyens en assurant que cet acte est licite et qu’il s’agit de sauver des vies, mais l’idée de donner ses organes demeure confrontée à une logique de refus.

Dans notre pays, on n’est pas encore près d’accepter un prélèvement et un don d’organes à autrui après le décès. Cela s’apparente à une question d’intégrité du corps humain, chacun refusant l’idée d’être « dépossédé » de certaines parties de son corps.

Les autorités sanitaires parlent de campagne de sensibilisation qui ferait comprendre aux citoyens l’importance de faire don de ses organes, mais les responsables n’en parlent qu’à certaines occasions comme celle de la célébration des journées respectivement nationale et mondiale du don d’organes.

On peut certes affirmer que personne n’ignore qu’il existe des malades qui sont en attente d’un rein, d’un cœur, d’un poumon, d’un foie ou d’une cornée. Mais on élude la notion d’une vie qui pourrait renaître de celle qui prend fin. Il s’agit en fait, pour un homme ou une femme, de percevoir l’idée que l’on peut donner une chance à un autre de continuer son existence lorsque la sienne s’arrête. Mais le principe du don d’organes est toujours rejeté et les mentalités en sont encore à ce stade.

Il n’y a donc pas de campagnes de sensibilisation soutenue autour de ce sujet afin d’aider les citoyens à changer leur état d’esprit, il n’existe pas non plus d’efforts pour informer plus largement et faire témoigner des patients en attente d’un organe afin que tout un chacun puisse se remettre en question et mieux appréhender ce sujet. Il est vrai que le don d’un rein est essentiellement le fait d’un proche compatible.

On peut également recourir au prélèvement d’une partie du foie (greffon) sur un parent-donneur vivant, mais lorsqu’une transplantation hépatique du foie dans sa totalité (en cas de cirrhose ou de cancer du foie) est nécessaire, seul un prélèvement sur un donneur décédé est possible. C’est le cas pour d’autres organes (cœur, poumons, pancréas, cornée). Par exemple, pour la cornée, entre 1500 et 2000 patients en attente d’une greffe sont enregistrés chaque année alors que l’importation de cornées est en butte à un manque de moyens financiers comme il est souvent souligné, leur coût étant très élevé.

Nadia Rechoud