15 octobre, journée mondiale du deuil périnatal : Comprendre le traumatisme parental

Selon les derniers chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 2,6 millions de bébés meurent, chaque année, durant le dernier trimestre de grossesse ou dans les sept jours suivant la naissance. Dans ce cas, la douleur des parents est souvent mal comprise ou minimisée. Pourtant, ceux qui ont vécu un tel drame peuvent témoigner du grand traumatisme qui s’en suit et de la difficulté de remonter la pente, surtout en l’absence de soutien.

Pour tous ces parents meurtris, l’OMS a décrété le 15 octobre de chaque année, journée internationale du deuil périnatal. Cette journée est l’occasion de lancer « une réflexion sur le cas très particulier des nourrissons morts juste avant le moment de l’accouchement ou immédiatement après leur naissance et soutenir les parents ayant perdu leur enfant ».

La mortalité périnatale, c’est la perte d’un bébé entre la 22ème semaine de gestation (ou un fœtus de 500 grammes), jusqu’au 7ème jour de vie du nourrisson. « Il peut s’agir d’une fausse couche spontanée, d’une mort fœtale in utero, d’une réduction embryonnaire ou encore d’une interruption médicale de grossesse en cas de graves malformations ou pathologies (IMG) ».

Contrairement aux personnes qui perdent un proche avec lequel ils ont effectué un bout de chemin dans la vie et avec lequel ils ont pu partager des souvenirs, les parents qui perdent un enfant avant sa naissance vivent un deuil très particulier dans la mesure où ils ne l’ont pas connu. Leur douleur n’en est pas moins réelle, malheureusement, l’incompréhension de certaines personnes dans l’entourage se manifeste souvent à travers des phrases ou des remarques assassines du genre : « Ce n’est pas grave, vous ferez un autre bébé » ou « Ce n’est pas grave, vous avez d’autres enfants » ou encore « Ce n’est pas comme si vous l’aviez eu, tenu dans vos bras, bercé…etc ». Mais cela veut-il dire pour autant qu’ils ne l’ont pas aimé ou attendu ?

Selon Lucie Roger, psychologue clinicienne, « la société a du mal à reconnaître ce type de deuil. D’ailleurs, il n’existe pas de nom pour les parents endeuillés. Lorsqu’on perd ses parents, on est orphelin, lorsqu’on perd son épouse, on est veuf, pour les parents qui perdent un bébé… rien. La perte d’un nourrisson est indicible. Une grossesse a pour but de donner la vie, non l’inverse. Il y a un déni énorme autour de la mort du bébé, c’est inimaginable ».

Pour cette spécialiste en périnatalité, il est important d’accompagner ces parents dans leur deuil en légitimant d’abord leur douleur. « Le psy est là comme un contenant et un étayage pour permettre aux parents de vivre leur souffrance (étape essentielle du deuil) », fait-elle savoir avant de préciser qu’ « il est aussi important de rappeler aux deux parents qu’ils ne vivront peut-être pas le deuil de la même manière et ne se comprendront pas toujours. Mais que chacune de leur douleur a sa place ».

Kamir B.

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